lundi 30 juin 2025

Entre deux terres: je me souviens

dimanche 15 juin 2025

Fête des Pères: un cadeau pour tout le monde

À première vue, la Fête des Pères célèbre une figure aimante et présente. Mais pour plusieurs, elle ravive plutôt l'absence, les questions sans réponses, les blessures enfouies. Le documentaire La Fête des Pères d'Ayana O'Shun transforme cette journée symbolique en un véritable cadeau : celui de la parole libérée, de la reconnaissance des douleurs invisibles et de la possibilité d'une guérison. J'y ai assisté. Et j'en suis sortie remuée, mais profondément reconnaissante.


C'était un vendredi 7 février 2025 quand j'ai assisté à la soirée de projection. Ce documentaire met en lumière, à l'aide d'experts tels qu'un historien et une psychanalyste, l'origine, le parcours et les causes du taux élevé d'absentéisme paternel dans la communauté afrodescendante. Logiquement, la réalisatrice nous expose également les conséquences de l'absence du père noir, notamment dans la vie d'une fille. Les spectateurs font la rencontre de jeunes personnes qui, pour des raisons diverses, ont vécu une forme de détachement paternel physique ou émotionnel. On les voit se poser une panoplie de questions, puis se rassembler dans l'espoir de trouver des réponses. Ce documentaire donne à voir un amalgame de douleur, de quête de sens, mais surtout une soif d'être vues, entendues, comprises.

Dans cet élan d'espérance, une entrevue en particulier marque les esprits. Non seulement parce que ce père est le seul à avoir accepté de témoigner, mais surtout à cause de I'insensibilité apparente face aux émotions silencieusement exprimées par sa fille. Le malaise est palpable, et c'est ce qui en fait la richesse. Car au lieu de fuir cette gêne, le film nous invite à la regarder en face. Le court-métrage propose ainsi un point de départ vers une forme de guérison, pour le père, certes, mais surtout pour sa fille. Les émotions sont brutes, intenses, et partagées. Toute la salle les ressent. Les pleurs et les silences sont lourds de sens. La vulnérabilité des intervenants devient un miroir que l'on ne peut éviter. Ce ne sont peut-être pas nos histoires, mais elles nous sont familières. Elles résonnent. Et, bien que nous soyons devant l'écran, c'est comme si nous étions devant la caméra. Pourquoi ? 

Après le visionnage et une pluie d'applaudissements, une discussion entre la réalisatrice et le public s'est entamée. De voix tremblantes, plusieurs personnes expliquent, à leur façon, la réponse à cette question. On comprend alors l'importance de la présence totale du père. On voit qu'autant la petite fille que le jeune garçon en bénéficient. En l'occurrence, on voit que les dommages de l'absence paternelle sont tout aussi tangibles. 

J’ai espoir que les générations futures parviennent à réduire ce fléau. Déjà, on observe une volonté nouvelle chez plusieurs hommes d’être présents dans la vie de leurs enfants. J’entends souvent qu’ils ne veulent pas répéter ce qu’ils ont eux-mêmes vécu.

Ce soir-là, j'ai compris que briser le silence, c'est amorcer la guérison. Que mettre des mots sur des douleurs anciennes peut, en effet, ouvrir la voie vers l'apaisement. La Fête des Pères n'est pas qu'un documentaire : c'est une prise de conscience collective. Ça nous rappelle que nous avons tous un rôle à jouer pour reconstruire les liens brisés et éviter que l'histoire ne se répète, et nous pousse à parler, à raconter nos vécus sans honte ni tabou.

Je suis profondément émue de constater que ma génération choisit davantage l'introspection, la thérapie, le dialogue là où nos parents ont souvent dû opter pour le silence, la distance ou le déni. Cette quête d'accomplissement personnel, si présente aujourd'hui, est aussi une forme de résistance. Une manière de refuser I'héritage du manque. Et c'est peut-être cela, au fond, le véritable cadeau : ne plus faire de place à l'absence. Choisir de guérir, pour soi, pour les autres, pour ceux qui viendront après nous.






mardi 1 avril 2025

Mon mois de mars: entre poésie, peinture et théâtre

Ces derniers temps, je sors davantage pour me changer les idées.

Ça fait du bien de socialiser, que ce soit avec des personnes que je connais ou non. Ça fait du bien de sortir de sa routine, de s'habiller et de prendre l'air. Même si j’aimerais adopter le réflexe d’écrire systématiquement mes ressentis et un résumé des événements auxquels j’assiste, cet automatisme n’est pas encore totalement ancré.

Ce mois-ci, sans l’avoir prévu, j’ai manqué la première de l’Open Mic du Centre Toussaint. J’ai vu et entendu tellement de commentaires positifs que j’étais déçue de ne pas y être allée. Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est que l’événement avait lieu le 8 mars, le jour même où j’ai publié "Fanm, ki dwa w?". Certaines personnes pensaient d’ailleurs que j’allais le performer. Sur le moment, j’étais tellement dans mes émotions que j’ai failli écrire sur cette déception. Puis, j’ai préféré me taire. J’ai choisi de me recentrer, de comprendre pourquoi je n’y étais pas allée, et surtout, de me donner la grâce de passer à autre chose. D’autres occasions viendront.

Par la suite, j’ai participé au Sip n Paint, un autre événement organisé par le Centre. J’ai toujours dit que les arts visuels, peut-être à l’exception de la photographie, n’étaient pas pour moi. J’ai l’impression d’avoir deux mains gauches ! Pourtant, cela ne m’a pas empêchée de m’amuser. J’ai passé un excellent moment avec des amies et des inconnues. La musique, les rires et l’alcool coulaient à flot. Et, à ma grande surprise, j’étais entourée d’artistes et j’ai même ressenti une certaine fierté en voyant le résultat de ma peinture.

La table garnie des œuvres créees 
Ce que j'ai fait


Puis, dans le cadre de la 7e édition du Festival Théâtre Communauté des Noirs, organisé par la Compagnie Théâtre Créole, j’ai assisté à la représentation de Général Baron-la-Croix, une pièce de Franck Fouché, dans laquelle joue ma talentueuse sœur. Ce festival, qui s’est déroulé du 28 février au 27 mars, proposait divers événements : des pièces de théâtre, bien sûr, mais aussi des soirées de causerie et de poésie. J’ai particulièrement aimé cette dernière. J’y ai entendu des poèmes touchants et vu des performeurs inspirants. C’est sûrement ce qui m’a poussée à performer "Fanm, ki dwa w?". Être entourée d’artistes qui jonglent et jouent si bien avec les mots était… différent, mais profondément inspirant.

Ma soeur et moi à notre sortie de la soirée de poésie
Quelques personnes que j'ai rencontrées à la soirée.



Pour compléter le mois, j'ai passé un moment de qualité avec la prunelle de mes yeux dimanche dernier. On a été mangé dans un buffet Haïtien, Saveurs d'Haïti, et franchement, mes papilles gustatives ont eu un festival de saveurs et j'ai déjà hâte au prochain du mois d'avril. 

Nos plats, le premier round 😌
Un des meilleurs poissons que j'ai mangé dans un resto


C’est ainsi que j'ai laissé mars derrière moi, c'est avec l’espoir de vivre de nouvelles expériences que j'accueille avril.


Du brouillon à la publication.

Alors que j'écris ces lignes, je refuse de croire être la seule à expérimenter cela.  Ma page « brouillon » est remplie de textes, termi...